Jimmy Scott

Publié le par Chloé.N

Le chanteur américain du XXème siècle le plus injustement ignoréThe New York Times

L'enfance

Né en 1925 à Cleveland, James Victor Scott que l'on connaît plus communément sous le nom de Jimmy Scott, se fait remarquer en chantant d'abord dans une chorale puis dans les bars.

A 13 ans, son père coureur de jupons, accro à l'alcool et aux jeux, quitte le foyer familial à la mort de sa femme, fauchée par un chauffard ivre. Jimmy et ses 9 frères et soeurs connaissent alors les foyers. A la même époque, il apprend qu'il est atteint du syndrome de Kalimann, une maladie génétique rare qui empêche la mue de sa voix mais également de la croissance, d'où son surnom de Little Jimmy. En plus d'être orphelin, il doit aussi faire face aux moqueries.

Un début prometteur mais...

A 20 ans à peine, Jimmy part à l'assaut de New York. Il intègre l'orchestre de Lionel Hampton où il rencontre Quincy Jones avec qui, il enregistre Everybody's Somebody's Fool, qui devient très vite un succès. S'ensuit Embraceable You avec le saxophoniste Charlie Parker.

Mais la politique de son producteur, peu scrupuleux, l'empêche de signer avec d'autres artistes ou même de quitter le label, allant jusqu'à le mettre sur la paille et ruiner sa carrière. Jimmy chante alors dans les clubs et les hôtels.

En 1963, Jimmy sort sous le label de Ray Charles, Falling In Love Is Wonderful, mais sa maison de disques le fait retirer des bacs. L'album ne verra le jour que... 38 ans plus tard.

14 ans s'écoulent avec qu'un nouvel album The Source soit disponible. Mais le visage d'une afro-américaine sur la pochette du disque suffit pour qu'il soit retiré de la vente. Retour à l'anonymat et à Cleveland, où Jimmy devient tout à tout aide-soignant, bagagiste ou chauffeur.

Le retour inattendu

Ce n'est que 30 ans plus tard, à la mort de Doc Pomus, chanteur et compositeur de blues, notamment pour Elvis Presley, que Jimmy Scott rechante aux obsèques de son ami. Sont présents Lou Reed, Bob Dylan, Madonna et son producteur de l'époque, Seymour Stein, qui bouleversé par la voix de Jimmy, lui fait signer un contrat pour 5 albums.

Le coup de pouce inespéré

En 1991, Lou Reed invite Jimmy à l'accompagner sur le titre Power and Glory qui figure sur son 16ème album, Magic and Loss. Ce coup de pouce inattendu va permettre à Jimmy de se faire connaître du grand public. L'année suivante, Jimmy Scott sort All The Way, qui va être récompensé par un Grammy Award. Puis sort Dream en 1994 ; Heaven deux ans plus tard ; Holding Back The Years, album où Jimmy revisite des tubes pop en version jazz ; Moon Glow en 2003.

David Lynch fait appel à lui pour interpréter Sycamore Trees dans un épisode de la série Twin Peaks.

En 2004, un documentaire, plusieurs fois récompensé, Jimmy Scott : If You Only Knew, est consacré à celui dont on compare souvent la voix à celle de Billie Holiday.

Jimmy et les présidents

Avec quarante ans d'écart, Jimmy Scott s'est produit à deux reprises devant un président américain. La première en 1953, à l'investiture de Dwight D. Eisenhower, puis en 1993, à celle de Bill Clinton.

Des fans prestigieux

L'homme au corps chétif et à la voix androgyne, a eu l'admiration des plus grands. Parmi eux : Ray Charles, Marvin Gaye, Sarad Vaughan, Frank Sinatra, Prince, Bruce Springsteen, Madonna, Quincy Jones ou encore Billie Holiday qui le considérait comme son héritier.

Le 12 juin 2014, Little Jimmy s'en est allé rejoindre les grands noms du jazz.

“I grew to see my affliction as my gift. When I sang, I soared. I could soar higher than all those hurts aimed at my heart. All I needed was the courage to be me.” Jimmy Scott

Falling In Love Is Wonderful Jimmy Scott - Wsm - 1963 - Réédition en 2003

(Jazz) Jimmy Scott “Time After Time” live

Publié dans Jazz, Biographie

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