Billie Holiday

Publié le par Chloé.N

... ou la triste vie d'Eleanora Fagan

débute le 7 avril 1917 à Philadelphie.

L'enfance

Née de parents encore mineurs, d'une mère d'origine irlandaise et d'un père guitariste de jazz. Son père quitte sa toute nouvelle famille préférant être sur les routes le jour, et jouer dans les clubs la nuit.

Sa mère qui enchaîne les petits boulots se prostitue occasionnellement. Eleanora erre de foyer en foyer.

A 10 ans, elle est violée par un voisin. Elle se met à voler, ce qui lui vaut un détour en maison de correction. Placée dans une famille à Baltimore, l'un des "pays du jazz", la gamine est aux anges. Mais à 13 ans, sa mère la reprend et l'embarque à New York pour une vie meilleure. Au programme : bordel où défilent les hommes et où règne la violence.

Quand la mère est occupée dans sa maison close, la gamine part à la conquête des clubs de jazz, et flirte avec l'alcool et les pétards.

A 15 ans, elle se fait appeler Billie, en hommage à Billie Dove, star du cinéma muet mais aussi parce que les rares fois où père et fille se retrouvent, celui-ci l'appelle Bill pour son côté garçon manqué.

Les débuts et le succès

Sa rencontre avec John Hammond, producteur chez Columbia est marquante. Il décèle du talent chez la jeune Billie. Il lui fait enregistrer Your Mother's Song in Law et Riffin' The Scotch. L'année suivante, elle se produit à l'Apollo Theater. Son style nonchalant lui vaut des critiques mitigées. Elle rencontre et se lie d'amitié avec le saxophoniste Lester Young qui la surnomme "Lady Day".

Fin 1936, les critiques sont plus élogieuses et les ventes s'en ressentent. Elle se produit dans des salles plus conséquentes et effectue des tournées avec des orchestres et des artistes reconnus. Malgré le succès, une chanteuse noire avec des orchestres uniquement composés d'hommes blancs, ça fait tache.

Dans certains états du Sud notamment, on lui refuse aussi bien l'accès aux hôtels qu'à la scène. Billie prend donc la décision de ne plus se produire avec des orchestres et démarre sa carrière solo. Cette discrimination l'amène à s'engager dans les causes des Noirs. Elle sort Strange Fruit qui fait allusion aux lynchages des Noirs, relatant notamment l'histoire d'un homme retrouvé pendu à un arbre. Evidemment, la controverse est au rendez-vous mais le titre est un succès. D'ailleurs, ce dernier sera repris par de nombreux artistes : Sting, Nina Simone, Jeff Buckley, Diana Ross,...

La descente aux enfers

Alors que tout sourit à Billie, celle-ci se met à l'alcool et aux drogues. Vont s'ajouter les amants violents, les psychotropes et son mari l'initie à l'opium à 21 ans.

En 1944, elle quitte son label pour un contrat plus juteux. L'année suivante, son nouvel amant, le saxophoniste de be-bop Joe Guy, lui fait découvrir l'héroïne. Alors qu'elle est en train de monter une tournée à travers le pays, sa mère décède, la plongeant dans une grave dépression, où elle trouve réconfort dans la drogue et l'alcool. Sa carrière commence à pâtir de ses addictions.

Malgré tout en 1946, elle sort ses titres les plus marquants : Lover Man ; Good Morning Heartache ; Billie's Blues ; God Bless The Child,...

Un an plus tard, elle part de son plein gré en cure de désintoxication. A peine sortie, elle se fait arrêtée pour possession de drogues, ce qui lui vaut cette fois-ci passage par la prison pour une année entière.

En sortant, Billie ne peut plus se produire dans les clubs. On lui a retiré sa carte professionnelle pour atteinte aux bonnes moeurs. Pour ne rien arranger, les dettes s'accumulent (ses royalties passent dans l'achat de drogues), son nouveau compagnon la dépouille et son contrat auprès de son label n'est pas reconduit.

Les rares fois où Billie remonte sur une grande scène, c'est pour chanter avec le tout jeune Miles Davis.

Le nouvel homme de sa vie, Louis McKay, va tenter de la sortir de ses addictions et de relancer sa carrière. Ils déménagent et Billie signe dans une nouvelle maison de disques. Elle sort Music For Torching et Billie Holiday Sings, un come-back inattendu et couronné de succès. Elle reprend dès lors ses collaborations prestigieuses.

En 1954, elle entreprend une tournée européenne. Deux ans plus tard, elle sort son autobiographie, qui sera portée sur grand écran en 1972 avec dans le premier rôle, Diana Ross. La même année, Billie a de nouveau des démêlés avec la justice pour une fois de plus, possession de drogues. Cette fois, Billie va s'en tirer car ayant épousé Louis McKay, avec qui elle n'est plus, lui évite d'avoir le témoignage de son époux lors du procès.

Sa voix commence à lui faire défaut, ce qui ne l'empêche pas de sortir en 1958 Lady In Satin. Elle entame sa seconde tournée sur le vieux continent, où elle passe par la capitale malgré une santé défaillante (cirrhose, oedèmes).

De retour aux Etats-Unis, elle apprend le décès de son vieil ami de toujours, Lester Young. C'est le coup de grâce pour Billie. Elle replonge de plus belle dans ses vieux démons.

Le point de non-retour

Le 30 mai 1959, après un malaise, où l'hôpital le plus proche refuse de l'admettre, Billie finit par être admise au Metropolitain Hospital de Harlem, où la chanteuse trouve encore le moyen de se faire livrer ses doses de drogues. Alertée par une infirmière, la police débarque et met Billie en état d'arrestation sur son lit d'hôpital.

Billie ne retournera pas derrière les barreaux. Elle finit ses jours dans cet hôpital pour Noirs et pour drogués le 17 juin 1959.

Billie Holiday "Strange fruit" Live

Publié dans Jazz, Biographie

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De Nature 15/02/2016 19:05

ok

Chloé.N 15/02/2016 19:23

;)
http://aurayondeslivres.over-blog.com/